« La biodiversité doit s'immiscer de plus en plus au coeur de nos vies, mais comment l'apprendre à nos enfants? »
— Silence ça pousse! , mars et avril 2024 —
« Le jeu de société Éclore permet aux joueurs de connaître davantage la nature qui les entoure pour mieux la protéger et la respecter.»
-
UN JEU D’UTILITÉ PUBLIQUE
Par Clémence Drotz
Publié le 06/05/2023
EXTRAITS
Le jeu de société Éclore permet aux joueurs de connaître davantage la nature qui les entoure pour mieux la protéger et la respecter.
« On protège ce qu’on aime, et on aime ce qu’on connaît. » Cette citation de Jacques-Yves Cousteau, maintes fois reprise pour inciter le développement de l’éducation à la nature, inspire également Élisabeth Lafosse, professeure à l’Université de Bordeaux et fondatrice de l’association Éclore. Après avoir passé 17 années auprès d’enfants, cette ancienne professeure de philosophie est en train de finaliser un jeu de société qui permettra aux joueurs de mieux connaître les vies qui habitent leur jardin.
« On doit tous devenir des écocitoyens, on n’a plus le choix, et c’est pourquoi j’ai créé ce jeu à destination des plus jeunes, mais aussi de leur famille et des personnes âgées. Je me suis toujours battue pour rapprocher la nature des enfants car ce sont les citoyens de demain. Je pense qu’un jardin a autant sa place dans une école qu’une bibliothèque. En développant notre attention à la nature, on comprend mieux les paysages qu’on arpente et on arrête d’avoir peur donc on arrête de détruire. Car, en général, ce qui motive les mauvais gestes, c’est la crainte. »
Mais comment apprendre à connaître la nature ? Pour Élisabeth Lafosse, la réponse est simple : en jouant pour s’instruire sans souffrir. « Dans ce jeu, personne ne perd mais tout le monde apprend. »
Un double plateau
Le magnifique plateau du jeu Éclore, inventé par l’artiste peintre Véronique Goglin, invite à la contemplation. Foisonnant de détails naturalistes, il représente la vie d’un jardin durant les quatre saisons, du sol jusqu’au ciel. Le lierre, « une curiosité botanique qui fleurit en automne et qui donne ses fruits en hiver » fait office de fil d’Ariane.
Deux manières de jouer sont possibles. Au verso, les joueurs repèrent à tour de rôle un élément particulier peint sur le plateau. Cela peut être le rouge-gorge qui se nourrit l’hiver. Ou encore une jonquille, cachée du côté de l’automne. « Le joueur doit fouiller dans les saisons et nommer l’élément à repérer. » À chaque trouvaille, il amasse des vers de terre, animal essentiel à la vie d’un jardin. « Rien que le fait d’avoir le plus de vers de terre est très excitant pour les petits. C’est un jeu qui les rend bavards, ils débattent, ils échangent. »
Au recto, le plateau est un peu moins coloré. Chaque joueur avance ses pions au fil des saisons après avoir répondu avec justesse à une question comme « nomme 3 légumes d’été » ou encore « retrouve dans tes souvenirs une odeur d’hiver ». Il y a également des cartes bonus ou malus, qui rapportent ou font perdre des vers. Pour aller plus loin, un « carnet du jardinier » regorge d’informations complémentaires sur diverses plantes, animaux et phénomènes naturels.
— Clémence Drotz, Sud Ouest du 06/05/2023
« Un jardin est aussi important qu'une bibliothèque! »
— Élisabeth Lafosse dans le Maxi du 29/01/2024